10/10/2017

Une ferraille "artistique"

Sur le devant de la scène: une station service de l'autoroute blanche, datant de 1970 et jouxtant la sortie vers Thônex, tout de suite après la douane de Vallard. Le décor: en surplomb, une armature tubulaire, toute rouillée, en passe d'être démontée. Le chantier a déjà débuté et reste scotché depuis plusieurs mois. Les personnages: d'un côté les automobilistes et les Thônésiens choqués par cette "mocheté innommable" et de l'autre l'Office cantonal du patrimoine et des sites, qui veut inscrire la chose à l'inventaire, donc la conserver. La raison? Ce n'est pas un montage banal, mais une œuvre "artistique" de l'architecte genevois Jean-Marc Lamunière. Une vive lutte est donc engagée entre les deux parties qui font valoir des arguments de poids.

Quant à la tubulure, pendant ces palabres sans fin, elle risque de s'effondrer rongée par le poids des ans. D'ailleurs les lieux sont encagés pour éviter tout accident. Mais l'Office du patrimoine n'en démord pas: il faut protéger et reconstruire à l'identique la belle marquise rouillée, c'est un devoir citoyen pour protéger l'héritage architectural d'un architecte connu.

Le coût de l'opération: deux petits millions qui vont certainement tomber du ciel en même temps que la dite œuvre d'art. Voilà, mais pour rester dans la ligne démocratique chère à notre pays, je propose que la question soit mise au vote. On verrait alors qui gagne. Le bon sens ou la volonté de rêveurs patentés!

18:26 Publié dans Thônex | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Un dossier qui en rappelle d'autres, où il est bien difficile parfois de comprendre la logique doctrinaire de certains, et que je cite de mémoire :
- la station service Shell de la rue des Acacias, inscrite au patrimoine pour ses arceaux de béton surplombant les pompes à essence, puis finalement retirée lors d'une autre législature, après changement de Conseil d'Etat et de sensibilité .... Seule la halle Sicili toute proche sera finalement classée, avec un interêt achitectural nettement supérieur et en lui donnant une place culturelle dans le PAV.
- les immeubles ouvriers de Vieussieux, en ruine et avec leurs toilettes sur l'étage par l'extérieur (sympa en hiver), sûrement pas aux normes "minergie +", à classer et à conserver a-b-s-o-l-u-m-e-n-t en tant que témoin de l'"architecture brutaliste" de la première moitié du XXème siècle. Finalement, il n'en sera rien, le bon sens ayant prévalu ... mais tout n'a pas bougé rapidement, jusqu'à il y a un mois et la destruction des derniers immeubles vides, les fenêtres fermées par des briques pour éviter les squatters, avec des grafitis très élaborés sur les briques (On a réussi à éviter de devoir les protéger comme représentatifs de l'expression artistique urbaine du début du XXIème, ce qui aurait été un autogoal merveilleux ...).
- Une superbe ancienne ferme à cour totalement fermée à Chouilly, possession il y a quelques années d'un agriculteur âgé et pas forcémement fortuné, qui avait l'opportunité de céder ce bâtiment à un grand bureau d'ingénieur de la place pour le rénover complètement en le préservant et en faire des bureaux dans un cadre rural très agréable. Manque de chance, le hameau est en zone agricole et ce n'était pas possible. Les spécialistes du patrimoine exigeaient une étude à 50'000.- avant de pouvoir décider ce que l'on faisait de ce corps de ferme. Comme l'agriculteur n'avait ni l'intérêt, ni l'argent, rien ne s'est passé jusqu'au jour où le bâtiment s'est écroulé et que l'objet à préserver n'existe plus ... À trop vouloir et sans flexibilité, on perd tout ... Si vous passez à Chouilly, vous pourrez toujours admirer les ruines sur la gauche en allant en direction de la tour-réservoir des SIG (elle est presque en ruine, plus utilisée comme réservoir, les barrières nous empêchent de recevoir des morceaux de béton sur la tête ... il bientôt temps de penser à classer ce réservoir comme élément du patrimoine industriel de l'approvisionnement en eau potable du XXème siècle, même si c'est un peu moins intéressant que le BFM, Aiille ! Je risque donner des idées à certains, pas bien !)

Écrit par : À matin, malin et demi ... | 10/10/2017

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Si c’etait L’oeuvre d’un architecte étranger, elle serait bien loin d’être artistique, le « manque » d’ argent accélérera sa démolition. Hé oui, c’est ça la politique du deux poids deux mesures! On élit des promesses... elles se transforment en dictature: La maison du Jeu de l’arc, qui date de 1900, promise elle à la destruction .... Il faudrait plutôt demander l’éviction de cette ferraille de décideurs!

Écrit par : Patoucha | 11/10/2017

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