07/01/2018

Merci les corneilles

On ne devrait pas nourrir les oiseaux, car cela les affaiblit et ils comptent alors trop sur l'humain pour trouver leur pitance, qui se trouve dans la nature, même en hiver. Peu de gens suivent cette recommandation et moi en premier. J'ai pour voisin et habitué des lieux un couple de corneilles, bien noires et très peu bavardes.

Quand j'ouvre le store de la cuisine à potron-minet, tranquillement, perchées en face sur le fil du téléphone, elles scrutent mes mouvements. On se salue poliment et silencieusement. Selon les matins, je leur jette des quignons de pain, des couennes de fromage ou des débris de viande. Elles se concertent et planent paresseusement pour picorer le pain ou alors foncent comme des obus sur les produits fromagers et carnés. Elles déambulent avec gravité parmi la victuaille et choisissent avec soin le morceau qui leur convient. Mais ces bestioles ne sont pas sectaires, elles goûtent tout autant les pâtes et le riz. Donc, chez moi pas de restes qui traînent dans le frigo et pas de scrupules à ne pas finir un plat. Là dehors, ils a des amateurs affamés.

L'été quand on mange sur la terrasse, elles se perchent sur le bouleau voisin, attendant avec une patience infinie les restes. Toujours en silence, sauf parfois un "clop-clop-clop" rythmé, ces deux corneilles m'entourent de leur présence bienveillante. Pas belliqueuses du tout, elles n'empêchent pas les autres volatiles de venir picorer leur part. C'est ainsi que mésanges, moineaux, pies et même rouges-gorges sont réunis autour d'un repas providentiel.

Lorsque je m'absente quelques jours, pas de récriminations, mais une présence immédiate, amicale (je me fais des idées, c'est sûr)et intéressée, c'est normal. Mais au moins quelqu'un m'attend et c'est parfois bien sympathique, même si ce sont des corneilles.

09:25 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

:-) j'entretiens moi aussi une longue amitié avec un couple de corneilles et sa descendance. Elles connaissent toutes mes habitudes, m'attendent près de mon parking un peu éloigné de chez moi, me saluent et m'accompagnent tous les jours sur le chemin de la maison. (moi aussi je me fais des idées...mais j'adore notre complicité).
Le dernier repas de fêtes était constitué de cervelas, gruyère et cerneau de noix.
C'est dingue de communiquer sans se parler genre Harry Potter !! Mes hommages Madame.

Écrit par : metoo | 07/01/2018

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Les couples de corneilles sont fideles l`une a l`autre. Lorsque l`une des deux s`éloigne un peu trop longtemps au gout de l`autre, celle-ci ou celui-ci s`inquiéte et lance des cris d`appel. Si ces appels ne ramenent pas l`absent, la corneille continue d`appeler mais en changeant sa voix pour imiter celle de la corneille absente. Cela a été méthodiquement étudié.

Écrit par : JJ | 07/01/2018

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En ce moment, c'est la bagarre à tire d'ailes entre les pigeons et un couple de corneilles nouvellement arrivé dans le parc devant chez moi. J'espère que les corneilles vont gagner, car à peine le dos tourné, les pigeons construisent un nid vite fait et déposent leurs oeufs et des kilos de fiente sur les balcons et c'est tout une affaire de les déloger.

Écrit par : Opaline | 08/01/2018

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