31/07/2017

Les chemins noirs

Quand vous vous cassez un membre, un seul, vous ne discutez pas, vous vous pliez à la rééducation et à toutes les contraintes de votre état. Pas Sylvain Tesson, un formidable auteur atypique. Alpiniste, baroudeur en contrée lointaine, cet écrivain prolifique tombe d'un toit chez un ami à Chamonix. Alcool aidant, il chute de 8 mètres, il est en vrac. Côtes, vertèbres et crâne en miettes. Résultats, en plus des multiples fracture, une épilepsie qui le surprend n'importe quand. Et, cerise sur le gâteau, une paralysie faciale, qui le fait ressembler à un tableau d'inspiration cubique. Beau bilan qui en aurait mis plus d'un à terre. Pas Sylvain Tesson, caractère surprenant et aventurier sans limites.

 La médication hospitalière et la rééducation formatée, ce n'est pas pour lui. Il empoigne une carte de France et sélectionne les chemins noirs, ces parcours qui sillonnent le pays en dehors des grands axes et de l'asphalte. Et il se lance dans une recherche courageuse de la quête de soi et de la reconquête ses facultés motrices. Les débuts sont pénibles: douze heures pour quatre kilomètres. Entêté, le bonhomme continue d'imprimer sa trace sur une réseau de chemins campagnards, dans le vide et le silence. Il est rejoint pour quelques jours par un ami avec qui, il a "randonné" en Sibérie. Et finalement, il boucle son parcours de la Provence aux falaises d'Etretat, sous la pluie et le vent, dormant à la belle étoile.

Les "Chemins noirs" représentent une vraie quête de l'autonomie par soi-même. Une sorte de résurrection grâce à une méthode si personnelle qu'on ne peut la recommander à autrui. Cet écrivain aventurier a sorti dernièrement "Une très légère oscillation", éditions Equateur. Un bouquin que je me réjouis de découvrir.

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22/07/2017

Fondue en juillet

 

De bleu, la chaleur... Envie de manger frais: salades, tomates mozzarella, carpaccio, etc, etc. Une fondue qui frémit tranquillement dans son caquelon, ça vous donne des sueurs incontrôlées? C'est vrai que vu ainsi, c'est quasiment dantesque. Mais alors pas du tout! Un vendredi ( jour du poisson), nous sommes monté sur le Salève, à la Croisette plus précisément, embarquant au passage un parapentiste, chargé de 20 kilos de matériel, qui lui transpirait comme un veau. L'Auberge des Montagnards nous attendait dans la fraîcheur montagnarde. Le ciel un peu nuageux n'avait pas attiré les foules, aussi nous avons eu droit à un service rapide sur la belle terrasse bien abritée des coups de vent.

Alors, après une concertation menée tambour battant, nous avons voté à l'unanimité pour une fondue, accompagnée d'un bon pinard. La cuisinière, qui travaille plus vite que son ombre, nous a tourné une crème de fondue, onctueuse, avec un délicieux petit goût indéfinissable. Inutile de dire que nous avons râclé le caquelon avec béatitude. Oublié le mois de juillet et ses chaleurs accablantes. Nous étions dans un moment intemporel où seule comptait notre pitance fromagère.

Et ce goût spécial venu de nul part? Secret défense? Rien de ça. A un certain moment (on ne vous dira pas tout quand tout de même), on ajoute un peu de moutarde et on la touille avec...le reste! C'est si bon, que  nous allons essayer cette nouvelle manière à la maison, mais en hiver cette fois. Et en plus, ça aide à la digestion. Qui dit mieux?

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17/07/2017

TPG: Tu peux glander

Eh oui, ma bonne dame, les transports ne sont plus ce qu'ils étaient : fiables, précis...confortables? Non quand même pas. Quoique dans les premières classes, on pouvait se royaumer sur du tendre. Bon, passons. Mais en plus, aujourd'hui, il faut ajouter une certaine désinvolture du personnel. Donc, soyons concret. Nous devions prendre le train pour Lausanne, afin d'embarquer pour une croisière dans le Haut-Lac. Nous avons concocté l'horaire à la minute près. Nous allions prendre le bus 31 à la Place de Graveson à Thônex. Il nous déposerait à la gare quatre minutes avant le départ du train. A l'heure dite, pas de bus. Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir. Aucun véhicule ne se profile sur la ligne. Chic, il y a un numéro où on peut appeler les TPG pour avoir des informations. Réponse lapidaire :" Ah oui, le bus en question a été retenu par une fuite de gaz, donc il saute une course." Nous croyons rêver et aucune solution TPG à l'horizon.

Afin de ne pas louper le train, nous appelons un taxi. Cool, il déboule en cinq minutes. Mais c'est après que ça se gâte. Très zen, mais vraiment très zen, le chauffeur respecte scrupuleusement la signalisation et même ralentit au cas où le feu deviendrait rouge un peu vite. Quel respect! Les minutes défilent et nous voyons notre train nous passer sous le nez. "Mais, Mesdames, pas de panique, je peux vous conduire à Lausanne pour cent francs." Sympa le gars qui finit (lentement) par nous déposer à la gare. Le train prévu doit déjà être en vue de Versoix. Notre escapade tombe à l'eau. Et bien pas du tout! Les CFF ont toute une panoplie de convois vers  Lausanne. Arrivés à bon port, on est dans les temps. On saute dans la ficelle. Résultat: on arrive même en avance à l'embarcadère.

La prochaine fois, nous reprendrons les (vous savez quoi)TPG avec plus de mou dans l'horaire et ainsi, le "tu peux glander" ne sera pas pour nous.

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